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Marie est une voisine de Jeannette. Elles habitent à quelques dizaines de mètres l’une de l’autre et se voient régulièrement.
Marie est née en 1926 à Dourmap, un hameau de la commune de Plouider où il y avait, alors une dizaine de fermes dont celles où est né mon père en 1934. La famille de Marie et celle de mon père se connaissaient et se fréquentaient ; ce qui fait qu’aujourd’hui, Jeannette entretien un lien particulier avec Marie.
J’ai donc fait plusieurs enregistrements audios avec Marie.
Marie a été paysanne puis agricultrice jusqu’aux années 1980, date à partir de laquelle elle s’est installée au Folgoët avec son mari qui travaillait dans les services de la commune jusqu’à son décès.
Dans les récits de Marie, le travail de la terre, la propriété de la terre, la vie dans les fermes, les alliances familiales ont beaucoup d’importance.
Avec Marie, se dessinent une géographie paysanne marquée au loin par les villes de marché et de foires, et auj plus proches par les lieux du quotidien (les moulins, les lavoirs, l’école au bourg…).
Marie chronique la vie paysanne en Basse-Bretagne juste avant la grande transformation des années 1950-1960.
Elle témoigne aussi des inégalités, et parfois des rapports brutaux entre les riches et les pauvres.
Son style de récit est celui de la chronique qui ne manque pas de mises au point sur les rapports de domination dans la société paysanne basse-bretonne.
- Activité agricole à la ferme :
- agriculture faiblement marchande
- reproduction du groupe domestique
- espace social de l’entraide et de la réciprocité (eur sakre ekip)
2 – alimentation festive
3 – les femmes : les enfants, la sexualité, rôle politique dans le groupe social
4 – rapport de domination : la toute puissance des propriétaires fonciers (avant la grande réforme du statut du fermage)
interaction
- Alimentations festives (pastès du mardi gras, repas des moissons,…)
- Les foires et marchés (bétail, tissu,…)
- …
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Le breton de Marie
Les traits communs avec le breton de Jeannette
- Inversion :
- Suffixe de l’imparfait /-e/ : ez ea ← ez ae – « il allait »
- Chute du /r/ intervocalique dans : /peta/ ← /petra/, « quoi »
- Contamination (et inversion) : /lekeat/ ← /lakaet/
- z <
- <-
Des traits distinctifs
- Intervocalique z/d : /z/ chez Marie, /d/ de Jeannette – /ez ea/ : « il allait »
- Pas de /ez edo/ chez Marie, /evedo/ ou /vedo/ chez Jeannette
- Prononciation de Meurlarjez (Mardi gras) : /mulharʒɛs/ pour Marie, /mœr’larʒɛs/ pour Jeannette
- Utilisation du neutre dans la conjugaison : ez ear : « on allait »
Singularités :
- Eizhteiz : dix-huit (et non tric’hwec’h).