Dans le fond cette partie de la présentation du breton et de ceux et celles qui la parlent, c’est de nommer la violence qui a été faite aux personnes qui parlent (ou qui parlaient) cette langue… Violence symbolique et parfois violence physique.
Comme les autres
La violence symbolique, c’est celle que l’on ressent quand on est pris dans un rapport de domination culturelle et qu’on est dans la position du ou de la dominé.e ; quand il y a péjoration de sa langue, péjoration de sa culture, péjoration de la personne qu’on est ; et cette péjoration est douloureuse.
Mes interlocuteurs et interlocutrices m’ont parlé de ce sentiment d’être un peu moins bien que les autres, de passer pour des ploucs ; non, ils et elles m’ont dit tout le contraire que justement, ils et elles n’étaient pas moins bien que les autres, qu’ils et elles n’étaient pas des ploucs… D’ailleurs, tous ces voyages qu’ils et elles ont faits en France et à l’étranger, leur réussite sociale et celle de leurs enfants. Tout cela et vrai mais c’est justement quand on doit faire la preuve qu’on est bien comme les autres qu’on a bien le sentiment que les autres (qui appartiennent la société dominante) ne pensent qu’on est comme eux. Voilà ce que dit Paul B. Preciado quand, au terme de sa transition, il est visiblement alors, il peut bénéficier du grand privilège de n’avoir plus à s’expliquer sur son identité, ce qui, est dit-il, le privilège d’être du bon côté de la domination (d’être un homme plutôt qu’une femme dans l’économie du genre de la société française).
Châtiments corporels
Les termes employés dans les paragraphes précédents semblent très euphémiques quand la violence faite aux personnes n’est plus symbolique mais concrète physique.
Un seul exemple : le témoignage de Jean L. que j’ai rencontré en mai 2019. Pour Jean, le breton est sa langue maternelle. Quand il fait sa première rentrée à la fin des années 1940, à l’école de Plouguerneau (école catholique), il a 6 et 7 ans et il est monolingue en breton. Évidemment, il est perdu dans ce lieu où les maîtres parlent français et l’obligent à parler dans cette langue qu’il ne connaît pas. Pour lui faire bien comprendre que le breton est interdit dans l’école, quand les maîtres le surprennent à parler breton, ils le punissent en lui frappant avec une règle sur les doigts. Quand Jean L. me raconte ces évènements, il mime le geste des doigts tendus et frappés et la douleur qui en suit. Je lui dit que ses maîtres étaient brutaux ; il répond qu’ils n’étaient pas juste brutaux, ils étaient cruels (kriz).
Voilà ici, donc un témoignage de cette violence faite aux brittophones en raison de leur langue. Et ici d’une violence faite à un enfant.
Le mouvement breton
Face à cette oppression, cette violence, il y a eu aussi un mouvement de résistance à tous les niveaux de la société bretonne pour défendre la culture et la langue Bretagne. De fait, ce mouvement de résistance est plus un mouvement culturel qu’un mouvement. Tout n’est pas perdu pour le breton comme on va le voir dans la partie suivante mais tout est difficile.
Et ,
Je lui demande s’il a parlé breton à ses enfants. Il me dit que non. Le breton est une langue du passé qui ne sert à rien qui a sa place au musée, et c’est tout…
Il parle de sa langue maternelle.
par rapport à la réalité vécue par ceux et celles pour qui la violence n’a pas été qui parlent le breton et qui ont été pris.es, à certains moments de leur existence, dans des situations de violence (symbolique et incarnée) parce que, justement, ils ou elles parlaient breton.
on le perçoit il évolue dansXX à ce sujet.
Cette péjoration est une violence symbolique m .
e passer pour des gens un peu arriérés, ploucs inconfortable et douloureux de ‘être .
C’est les vainqueurs qui racontent l’histoire.
Euphémisation de la violence faite aux lcouteurs.ices du breton
Dans le grand public, on sait que le breton dans la société française est plutôt perçu comme une langue du passé (c’est le cas de toutes les langues régionales) ; on sait aussi que le breton a longtemps été méprisé et exclu des institutions publiques (écoles, médias publiques) et on veut bien accepter qu’un mouvement culturel qui tente de rétablir donner à la langue bretonne une légitimité dans la société française.
Cependant tous les termes employés ci-dessus sont très euphémiques par rapport à la réalité vécue par ceux et celles qui parlent le breton et qui ont été pris.es, à certains moments de leur existence, dans des situations de violence (symbolique et incarnée) parce que, justement, ils ou elles parlaient breton.
Un seul exemple : le témoignage de Jean L. que j’ai rencontré en mai 2019. Quand il fait sa première rentrée à la fin des années 1940, à l’école de Plouguerneau (école catholique), il a 6 et 7 ans et il est monolingue en breton. Évidemment, il est perdu dans ce lieu où les maîtres parlent français et l’obligent à parler dans cette langue qu’il ne connaît pas. Pour lui faire bien comprendre que le breton est interdit dans l’école, quand les maîtres le surprennent à parler breton, ils le punissent en lui frappant avec une règle sur le bout des doigts. Quand Jean L. me raconte ces évènements, il mime le geste des doigts tendus et frappés et la douleur qui en suit. Il me dit que les maîtres de son école n’étaient juste brutaux ; ils étaient cruels (kriz).
A-t-il parlé breton à ses enfants ? Bien sûr que non, cela aurait été leur transmettre un handicap. Sa position par rapport au breton aujourd’hui ? C’est une langue du passé qui ne sert à rien qui a sa place au musée, et c’est tout… Il parle de sa langue maternelle.
Cette violence étant dite, on peut dire quelques mots sur les mécaniques qui firent du breton une langue stigmatisée, dont les locuteurs.ices premiers se sont eux et elles même éloigné.es.