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La société bretonne n’est pas restée passive face à l’oppression et au déficit de représentation dans les institutions publiques ; un mouvement culturel de grande ampleur s’est installé durablement dans le paysage breton. En breton, on parle de l’Emsav (même si toutes les parties du mouvement breton ne s’y reconnaît. Ce mouvement est de nature culturelle essentiellement avec une dimension politique plus limité.
Dynamisme du mouvement culturel breton
Le mouvement culturel breton a connu vagues et des replis et souffre parfois d’une faible adhésion voire d’un discrédit auprès d’un certain nombre de bretons et bretonnes ; mais il est toujours présent et fait preuve d’un dynamisme et d’une créativité remarquable dans un contexte national global peu favorable.
Dans le domaine de la langue bretonne, ce mouvement tente suppléer aux déficits du service publique en la matière avec parfois des grands succès comme on va le voir ici.
Il faut souligner que le mouvement culturel breton tient beaucoup à un tissu associatif dynamique
Radio, télévision, école en breton : un service publique associatif
On l’a vu le service publique en matière de médias (télévision, radio) et d’enseignement spécifiquement brittophones est peu étoffé, voire insuffisant. Pour combler ce déficit, il y a eu au sein du mouvement breton, l’émergence d’organisations, pour l’essentiel associatives, qui ont proposé aux brittophones une offre dans ces domaines de grande qualité, une sorte de services publique alternatif.
Radio. Aujourd’hui, un réseau très actif de radios associatives suppléent au déficit de l’offre publique . Ces radios ont une approche très professionnelle et leur production sont de très grandes qualités.
Trois radios monolingues brittophones : Arvorig FM, Radio Kerne,et Radio Naoned ; deux radios bilingues breton/français : Radio Bro Gwened et Radio Kreiz Breizh ; une radio propose des contenus en gallo : Plum FM ; ces radios partagent leur production. Outre leur présence individuelle sur la bande FM et sur le net, elles sont présentes sur le portail Radio Breizh

Télévision. Le coût de production d’une chaîne de télévision est totalement hors d’atteinte des moyens d’une association. Quelques entreprises à capitaux privés ont créé des chaînes locales et diffusent des programmes en breton à la fois sur la TNT, sur divers opérateurs (SFR, Numéricable, Orange, Free, Bbox), et sur le net. Il s’agit des chaînes locales Tébéo, TébéSud et TVR . A ces offres, s’ajoute la web télé Brezhoweb.
Enseignement : l’évènement Diwan
Blabla
Sisyphe
Le mouvement culturel est incroyablement créatif, et ses succès sont d’autant plus remarquables qu’ils se font dans un contexte institutionnel national qui lui est peu favorable, parfois hostile.
Or, il s’avère que toutes ses réussites sont toujours incertaines. Jamais rien n’est acquis ; le mouvement culturel breton connaît des hauts et des bas qui peuvent être dévastateurs.
Au moment où j’écris ces mots, de très mauvaises nouvelles pour le breton sont tombées : Coop Breizh qui diffuse une grande partie de la production des maisons d’édition en langue bretonne a cessé son activité après des années d’une existence fertile, et l’association Amzer nevez très importante dans la vie de la langue dans la région de Lorient a aussi cessé son activité (elle pourrait reprendre d’ici quelques mois). Auparavant il y avait eu en 2015, la fin d’Emgleo Breizh, association majeure pour le développement du breton (enseignement, édition, création).
J’habite à Paris où plusieurs hauts lieux bretons ont disparu récemment : le magasin de Coop Breizh a fermé boutique en 2020, le café-restaurant Ty Jos où XX avait chanté pour la première fois la Blanche Hermine a fermé. Il y a quelques années, le cours de breton du département du département des Langues minorisées de l’Université de Paris 8 a été supprimé (en fait c’est tout le département qui a été supprimé après plus de trente ans d’existence) ; l’école Diwan de Paris a cessé son activité en 2011, elle avait été créé.
La disparition de ces institutions montrent que jamais rien n’est acquis ; les acteur.rice.s du mouvement culturel breton particulièrement dans le champ de la langue bretonne connaissent souvent le sort : reconstruire ce qui paraissait être solidement établi.
Breton populaire, breton des clercs : la rupture
Et il faut aussi dire un mot du travail de modernisation et de codification de la langue bretonne qui a été mené depuis la fin du XIXième siècle par les écrivains, les linguistes breton.nes. Il était difficile de standardiser une langue aux variétés dialectales si fortes ; in fine, leurs travaux a abouti une forme standard qui s’est imposé dans les institutions, le peurunvan.
Mais l’adhésion au peurunvan n’est pas unanime parmi les clercs de la langue bretonne qui ont œuvré à son développement. Il y a d’autres propositions : ar skolveurieg (l’universitaire), an etrerannyezhel (l’interdialectale). En outre, le peurunvan est accusé par ses détracteurs d’avoir été porté par des sympathisants de l’occupant allemand pendant la Seconde guerre mondiale.
Malheureusement, de son côté, le peuple des bretonnant.es (puisque c’est comme ça qu’iels s’appellent) a d’autant moins adopté ce peurunvan qu’iels ne le comprenaient pas toujours. C’était comme une variété dialectale nouvelle du breton qui aurait nécessité un moment de familiarisation pour la comprendre… Cela ne s’est pas fait. Dans une certaine mesure, il n’est pas faux de dire que les bretonnant.es ordinaires ont été exclu.es de la modernisation de leur langue maternelle.
Presse. Dans le domaine de presse, le plus gros effort de publication en breton est fait par des organes de presse qui relèvent d’associations (mais qui ont le professionnalisme d’entreprises de presse privées).
On compte de journaux monolingues bretons (tous deux issus d’entité associatives) : Bremañ (mensuel), Ya! (quotidien), et des publications pour les enfants (Louarnik et Rouzik). Ya!, sont publiés par l’association Keit vimp bev, dont l’activité est particulièrement dynamique

Dans la Presse Quotidienne Régionales, il y a des chroniques en breton dans les hebdomadaires Ouest-France et Le Télégramme (une fois par semaine).
D’autres mensuels publiés par des organes de presse associatifs font une place au breton : Ar Men et le Peuple Breton (lié à l’Union Démocratique de Bretagne – UDB).


webTV reco
presse
Dans le domaine, de la télévision et de la radio, un Aujourd’hui, un tissu associatif a suppléé au manquement de la puissance publique dans le domaine des médias (radios brittophones, chaînes de télévision brittophones sur le web, journaux et revues), des écoles bilingues (Diwañ), formation continue (Roudour),…

Du côtés des entreprises privées de médias, des chaînes de télévision existent qui donnent une place à des émissions et à la création en breton ; en particulier les chaînes TBO et Tébésud du groupe Télégramme.
La littérature bretophone du vingtième et d’aujourd’hui n’a pas à rougir de ces productions, avec des personnalités comme Per Jakez Elias, Añjela Duval qui lui ont donné une visibilité nationale et internationale incontestable.
Du côtés des entreprises des médias, des chaînes de télévision privée existent qui donnent une place à des émissions et à la création en breton ; en particulier les chaînes TBO et Tébésud du groupe Télégramme. Et il faut citer l’expérience malheureuse de TV Breizh qui aujourd’hui, est une chaîne de télévision sans âme qui diffuse des séries américaines, mais qui au moment de sa création a donné chair au breton sous l’impulsion Rozenn Milin, elle même brittophone.
Alato, n’eo ket echu c’hoazh (Enfin, ce n’est pas encore fini)
J’ai bien conscience de dresser un portrait attristant de très joyeux de la situation du breton… C’est excessif. Je fais partie de cette longue liste qui annonce la fin de la langue bretonne… Si je fais, ce site, c’est que je ne me crois pas.
Un mot sur la scène parisienne, encore. Après une fermeture pour travaux de désamiantage, la Mission Breton – Ty ar Vretoned (MB-TAV) a repris du service ; c’est une bonne nouvelle pour les Breton.ne.s ; la MB-TAV fait fonction de centre culturel breton dans la capitale où on se transmet tous les aspects de la culture bretonne
, elle supplée typique de ces associa) et insti.. Tout est à refaire. ((
Le n,
drde
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