Langue bretonne et ceux et celles qui la parle : une présentation

Ces cinq chapitres sur la langue bretonne ont pour objet de présenter cette langue à ceux et celles qui ne la connaissent pas, et de donner des éléments de contexte pour comprendre les enjeux de des entretiens que j’ai fait avec les personnes brittophones que j’ai rencontré.e.s.

Quels sont ces éléments de contexte importants :

  • Le breton est une langue celtique, précisément une langue de la branche brittonique des langues celtiques ; ce qui induit deux choses :
    • C’est une langue à part dans le paysage linguistique français où dominent les langues romanes ; concrètement, il est impossible pour des personnes francophones de comprendre ce que dit une personne en breton, même si on peut repérer ici et là des emprunts au français ;
    • Le breton a des liens linguistiques et culturels avec les autres langues brittoniques : le gallois et le cornique qui sont parlés en Grande-Bretagne. Pour un brittophone averti, il peut y avoir intercompréhension avec ces deux langues. Mais ces trois langues appartiennent à des entités politiques, nationales séparées ; elles n’entretient pas de liens ; les brittophones que j’ai rencontrées ne savent que de l’autre côté de la Manche qui sont très proche de la leur ;
    • En France, la langue bretonne est donc, dans une situation de double isolement : isolée dans un univers francophone, et isolée de ces langue sœur (cornique) ou cousine (gallois) parlées en Grande-Bretagne.
  • Pour les personnes que j’ai rencontrées, le breton était la langue maternelle ; or dans un contexte de mépris et de dédain que subit le breton dans la société française, elles ont fait le choix de ne plus parler cette langue entre elles (entre personnes brittophones de langue maternelle) et de de ne pas parler cette langue à leur enfant ; c’est un mouvement qu’elles décrivent comme assez naturel même si la rencontre avec la langue française a été difficile (à l’école, essentiellement), et qui appelle peu de commentaire. De mon point de vue, ce mépris (qu’elles identifient comme tel) est une violence, un rapport de domination inacceptable, en outre, je ne crois pas que l’abandon d’une langue puisse être une chose naturelle ; le « naturel » que l’on reconnaît à ce processus est à mes yeux le déni de la violence faite aux personnes brittophones ;
  • J’appartiens à la communauté de personnes brittophones que j’interroge ; ce sont des membres de famille, ou des proches ; je suis un de ces ceux et celles à qui les parents n’ont pas transmis leur langue maternelle ; j’ai longtemps cru avec eux, que c’était un mouvement naturel ; j’avais à peine conscience de la présence de cette langue dans mon univers familier ; aujourd’hui, j’estime que ces faits sociolinguistiques autour du breton sont inacceptables et révoltants.
  • Quatre points, encore :
    • J’aime la langue bretonne (j’aime l’étudier) ;
    • J’aime surtout le breton parlé par mes proches ;
    • Je suis sensible aux récits qu’élaborent les brittophones que j’ai rencontrées ; ils et elles me parlent de mon histoire ;
    • Je crois que leur langue, leur récit, leur personnalité n’ont pas eu la visibilité qu’ils et elles méritent dans la société française (tout le monde mérite une visibilité dans le récit collectif français, de toute façon).
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Le plan de ce chapitre

Le breton est une langue celtique

nombre de locuteurs

exclusion

violene

le mouvement breton

Projet de plan
- breton langue celtique
- effondrement du nombre de locuteurs
- la langue bretonne exclue des institutions publiques
- le mouvement breton
- breton populaire / breton des clercs
- violence faite aux brittophones. Violence symbolique : invisibilisation, mépris, exclusion ; violence physique : chatiments corporeles dans les écoles
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